Sortir du Nucléaire - Gentilly 2


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Entrée en jeu


Le Québec devrait s’engager dès maintenant à sortir du nucléaire. D’ici à quelques mois, le conseil d’administration d’Hydro-Québec décidera s’il va reconstruire la seule centrale nucléaire québécoise, Gentilly-2. Comme les autres réacteurs CANDU, Gentilly-2 a mal vieillie et doit être soit reconstruite, soit fermée en 2008 au coût de plus de 800 millions. Hydro-Québec vient d’annoncer qu’elle commence une période «d’information et consultation» concernant leur plan d’agrandir leur site de stockage de déchets radioactifs en prévision de prolonger la vie de Gentilly-2 pour un autre 25 ans.

Ainsi, malgré le refus historique du Québec face à l’énergie nucléaire, Hydro-Québec ne se demande jamais si Gentilly-2 devrait être fermée. En Europe, de plus en plus de pays adoptent des lois afin d’éliminer leurs réacteurs progressivement, malgré qu’ils en soient bien plus dépendants que le Québec. Au Québec, nous n’avons pas grand besoin de l’énergie nucléaire et il est grand temps d’en sortir. Le réacteur ne produisant qu’environ 3% de l’électricité au Québec, il est difficile d’envisager un scénario dans lequel le Québec serait incapable de se passer de Gentilly-2. L’avenir est dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables et propres. Le Québec peut se passer du nucléaire : fermons Gentilly-2.

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Action

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Contexte

En 1973, Hydro-Québec a signé une entente avec le gouvernement fédéral pour la construction de Gentilly-2. Le gouvernement fédéral avait accepté de payer la moitié des coûts estimés à 302 millions, avec un taux d’intérêt spécial très bas. Cependant, Hydro-Québec a dû assumer seule le milliard supplémentaire et dépassement de coûts qui ont quadruplé à 1,36 milliard au moment de mettre la centrale en marche.

Aujourd’hui Hydro-Québec ne parle pas beaucoup de son seul réacteur nucléaire et pour cause : historiquement, les Québécois ont montré une grande opposition face à l’énergie nucléaire. René Lévesque a déclaré un moratoire sur la construction des nouveaux réacteurs nucléaires en 1978 et Robert Bourrassa a déclaré que le Québec rejetterait tout entreposage permanent de déchets nucléaire hautement radioactifs sur son territoire. Il y a quelque chose d’hypocrite et d’irresponsable à produire des déchets que l’on refuse d’entreposer de façon permanente chez soi.

Le réacteur ne produisant qu’environ 3% de l’électricité au Québec, il est difficile d’envisager un scénario dans lequel le Québec serait incapable de se passer de Gentilly-2.

Pour en savoir plus, lire l’Énergie nucléaire au Québec par Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.

Et pour plus d’infomations sur les l’énergie nucléaire, visitez le site Web du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.

Pourquoi la réfection de Gentilly-2?

Gentilly-2 devait à l’origine fonctionner de 30 à 40 ans. Mais, comme tous les CANDU, le réacteur a mal vieilli et a besoin d’être reconstruit, au complet, c’est ce que l’industrie appelle une réfection. En fait, une réfection est similaire à une transplantation cardiaque. Le coeur d’un CANDU est constitué de tubes de force : des cylindres qui traversent la cuve du réacteur et dans lesquels sont introduits les grappes de combustible. Afin de maintenir l’exploitation de Gentilly-2 après 2008, Hydro-Québec veut remplacer les tubes de force, ce qui revient à reconstruire la pièce maîtresse du réacteur.

Au Canada

Une décision de fermer la centrale Gentilly-2 serait un dur coup porté à la crédibilité de l’industrie canadienne de l’énergie nucléaire. Aux prises avec des impondérables politiques, des fermetures prolongées, le vieillissement prématuré de l’équipement, les dépassements de coûts énormes : l’énergie nucléaire a perdu toute crédibilité comme option énergétique fiable au Canada.

Actuellement, seulement l’Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick sont dotés de réacteurs de production d’énergie nucléaire. En 1997, l’Ontario a dû fermer huit des vingt réacteurs à cause de leur mauvais rendement et de problèmes de sécurité. Dépourvue d’un plan pour remplacer la (in)capacité nucléaire par la conservation ou les énergies renouvelables et propres, l’Ontario se trouve aujourd’hui dans un véritable cul-de-sac énergétique. Les tentatives pour redémarrer les quatre réacteurs de Pickering A sont retardées depuis trois ans et les coûts sont passés de 800 millions de dollars à 2,5 milliards et continuent d’augmenter. Entre-temps, en essayant de ressusciter ses réacteurs nucléaires, l’Ontario empêche le développement des sources d’énergies plus propres, sûres et fiables. Pendant l’été de 2002 et l’hiver 2003, l’Ontario a été menacée de pannes de courant généralisées en raison d’un manque de capacité énergétique.

L’industrie nucléaire canadienne a été créée par le gouvernement fédéral et a nécessité dès le début un financement de l’État. Malgré 50 ans de financement et soutien gouvernementale, l’industrie nucléaire nécessite toujours des subventions importantes de l’État, soit en provenance des contribuables. Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL), une société d’État canadienne qui assure la conception et la vente des réacteurs CANDU, a reçu 17,5 milliards de dollars en subventions depuis sa création en 1952. Et en dépit du fait que personne a commandé un réacteur au Canada depuis 1974, le gouvernement fédéral a majoré la subvention annuelle d’EACL à 211,2 milliards de dollars l’année passée - la plus élevée en 15 ans. L’appui fédéral et provincial à l’énergie nucléaire va à contre-courant à nos besoins énergétiques, c’est-à-dire le développement de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, propres, sécuritaires et abordables.

La jumelle Néo-Brunswickoise - Pointe-Lepreau

Du même modèle que celui de Gentilly-2, le seul réacteur nucléaire du Nouveau-Brunswick, Pointe-Lepreau, doit être reconstruit ou fermé en 2006. Pointe-Lepreau a été le dernier réacteur nucléaire commandé au Canada en 1974. En opération depuis 1983, Pointe-Lepreau est la jumelle de Gentilly-2, soit un CANDU-6. Énergie Nouveau Brunswick et Énergie Atomique du Canada Limitée ont estimé, de même qu’Hydro-Québec, qu’il en coûtera 845 million $ pour reconstruire Pointe-Lepreau.

En septembre 2002, la Commission des Entreprises de Service Public du Nouveau-Brunswick (CESPNB) - une commission indépendante d’Énergie Nouveau Brusnwick - a statué que le plan de reconstruction de la jumelle de Gentilly-2, Pointe Lepreau, était trop risqué financièrement pour être dans l’intérêt du public, recommandant que le réacteur ne soit pas reconstruit. Dans sa décision, la CESP a allégué qu’Énergie NB et Atomique Énergie du Canada Limitée ont grandement sous-estimé les risques économiques de la remise en état de la centrale de Pointe-Lepreau estimés à la somme pourtant non négligeable de 845 $ millions!

Malgré ceci, Hydro-Québec présente ce qui est vraisemblablement le même plan pour reconstruire Gentilly-2. Cependant, contrairement à Énergie Nouveau-Brunswick, Hydro-Québec n’est pas obligée de soumettre son plan de réfection à une commission indépendante. Hydro-Québec se garde bien de questionner l’intérêt du public dans son aventure nucléaire.

Lire la décision de la Commission des Entreprises de Service Public du Nouveau-Brunswick.

Une question politique : la sortie du nucléaire en Europe

En Europe, de plus en plus de pays constatent que l’énergie nucléaire est une impasse et adoptent des lois afin d’en sortir. En fait, aujourd’hui, une majorité des pays de l’Union Européenne n’ont pas recours à l’énergie nucléaire ou ont des projets visant à l’abandonner.

En décembre 2002, la chambre des représentants de Belgique a adopté une loi afin de mettre fin à l’utilisation de l’énergie nucléaire et de fermer graduellement ses réacteurs nucléaires. Actuellement, 57% de l’électricité de la Belgique est produite par des réacteurs nucléaires. L’Allemagne a aussi adopté, en 2000, pour le 16e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, une loi afin de sortir du nucléaire. Depuis, l’Allemagne a installé plus 12 000 mégawatts d’énergie éolienne. La Suisse tient un référendum sur l’avenir de son programme d’énergie nucléaire.

nucléaire? non merci!

Dans les 18 pays européens de l’Organisation de coopération et de développement éconimiques, huit n’ont jamais produit d’énergie nucléaire dont le Danemark, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, le Luxembourg, la Norvège, le Portugal et l’Autriche. Après un référendum en 1987, organisé suite à la catastrophe de Tchernobyl, l’Italie a fermé ses quatre réacteurs. Quatre pays ont adopté des lois afin de sortir du nucléaire graduellement, dont la Belgique, l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas. Entre-temps, l’Espagne a déclaré un moratoire qui bloque la construction de nouvelles centrales. Enfin, le 18 mai 2003, les Suisses voteront dans un référendum qui décidera soit de prolonger le moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs ou soit de sortir la Suisse du nucléaire.

La France et le Finlande sont les seuls pays de l’Union Européenne qui ont une politique favorable au nucléaire.

En Europe, la sortie du nucléaire est une question à l’agenda politique et pour cause. Après 50 ans d’expérience nous connaissons parfaitement les problèmes avec l’énergie nucléaire : c’est malpropre, c’est cher, ce n’est pas sécuritaire et c’est lié à la prolifération des armes nucléaires. L’énergie nucléaire nous concerne tous. Cependant, au Québec, Hydro-Québec croit que ça ne concerne qu’eux.


Information additionnelle


La réfection du réacteur Gentilly-2 : une mauvaise décision pour la santé (8-2008)
(pdf, 250K)

Décision dans l’affaire d’une demande présentée par la Société d’énergie du Nouveau-Brunswick le 8 janvier 2002 visant une proposition de remise à neuf de la Centrale de Point Lepreau. le 24 septembre 2002 (pdf, 110K)

L’Énergie nucléaire au Québec - préparé pour le Débat public sur l’énergie par Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, automn 1995

Regroupement pour la surveillance du nucléaire

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Aperçu de la couverture médiatique
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