Le vendredi 29 mai 1998 - Diffusion immédiate
Ottawa -- Au lendemain des récents essais nucléaires du Pakistan, les groupes environnementalistes viennent de mettre sous la loupe la filière canadienne du programme nucléaire pakistanais. Les groupes signalent que le Canada a maintenu une filière nucléaire avec le Pakistan, qui, comme l'Inde, est bénéficiaire de la technologie CANDU. Le Pakistan exploite un réacteur CANDU, appelé KANUPP, le seul réacteur de puissance nucléaire en service dans ce pays. La construction du réacteur KANUPP a été financée pour l'essentiel par l'ACDI et la Société pour l'expansion des exportations à la fin des années 60 et 70.
Bien que le Canada ait officiellement mis fin à sa coopération nucléaire avec le Pakistan en 1977 pour le refus de ce dernier de signer le traité de non-prolifération nucléaire, le Pakistan et l'Inde ont rejoint le Programme d'échange d'information du Groupe des propriétaires de centrales CANDU (CPG). Ce changement de la politique canadienne de non-prolifération a été effectué sans consultation publique ni débat parlementaire.
Commentant la filière nucléaire canadienne avec le Pakistan, David Martin du Nuclear Awareness Project, a déclaré : «Il est scandaleux de voir le Canada poursuivre son aide nucléaire au nom de la sécurité. Le gouvernement fédéral joue un jeu hypocrite en interdisant les importations militaires classiques vers le Pakistan, tout en maintenant son aide nucléaire.»
Kristen Ostling, coordonnatrice nationale de la Campagne contre l'expansion du nucléaire, a déclaré pour sa part : «Les programmes nucléaires civil et militaire sont indissociables. Le Canada porte une responsabilité spéciale pour l'escalade nucléaire en cours entre l'Inde et le Pakistan. Le Canada a lancé les programmes nucléaires de deux pays en leur exportant des réacteurs. Les Canadiens doivent inciter le premier ministre à mettre fin à la politique hypocrite et dangereuse du Canada en matière d'exportations nucléaires.»
Et, d'ajouter Elizabeth May, directrice générale du Sierra Club du Canada : «S'il était sérieux dans l'expression de son indignation au Pakistan, le gouvernement Chrétien énoncerait clairement les mesures qu'il entend prendre pour mettre fin à notre coopération nucléaire.»
Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, a affirmé que «(la réaction du gouvernement) témoigne de la faillite morale de la politique nucléaire actuelle du Canada, qui permet à certains pays de se doter d'armes nucléaires, mais pas à d'autres. Il est temps de dire que les armes nucléaires, comme les armes bactériologiques et chimiques, sont un crime contre l'humanité, peu importe qui les a.»
Norman Rubin, directeur de la recherche nucléaire d'Enquête énergétique, a déclaré, quant à lui : «Les réacteurs nucléaires du Canada étaient la graine du conflit nucléaire qui oppose l'Inde et le Pakistan, une graine que le Canada a semée dans les deux pays. Ces exportations de réacteurs avaient, et ont toujours, l'appui total de notre gouvernement fédéral, et les graines demeurent viables presque à jamais. S'il est choqué ou surpris de la tournure récente des événements, Jean Chrétien ne comprend tout simplement pas ce que font les graines. Lorsqu'on plante une bombe, on obtient une bombe».
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Pour information :
Campagne contre l'expansion du nucléaire, 613-789-3634, web : www.cnp.ca/ccen
Nuclear Awareness Project, 905 852-0571
Sierra Club du Canada, 613-241-4611, web : www.sierraclub.ca
Regroupement pour la surveillance du nucléaire, 514-489-5118,
web : www.ccnr.org
Enquête énergétique, 416-964-9223, poste 226, web : www.nextcity.com/Energy Probe
Campagne contre l'expansion du nucléaire
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