Communiqué
Pour diffusion le jeudi 22 avril 1999
Ottawa -- Des groupes environnementaux condamnent la décision
du gouvernement fédéral de procéder avec le plan,
concocté par líindustrie nucléaire, díimporter du plutonium
militaire pour líutiliser comme combustible dans les réacteurs CANDU.
Le Comité permanent des Affaires étrangères et du
Commerce international recommandait récemment au gouvernement díabandonner
le projet, le qualifiant de «tout à fait irréalisable».
Le gouvernement annonçait plus tôt cette semaine que les «essais
de combustion» sur le combustible au plutonium iraient de líavant
dans le cadre du projet. Importer du plutonium au Canada ne fera quíajouter
au risque de prolifération des armes nucléaires, selon les
détracteurs du projet. Ceux-ci maintiennent que le motif de désarmement
utilisé par le gouvernement níest quíun écran de fumée.
«Ce níest pas un projet qui vise le désarmement. Cíest un projet qui vise à renflouer EACL », déclare Steve Shallhorn, de Greenpeace. Il souligne que le démantèlement des ogives nucléaires est en train de se faire de toutes façons, que le Canada prenne ou pas le plutonium qui en résulte. Il note que les Canadiens seront pris avec les déchets du projet pour des milliers díannées.
«Jean Chrétien fait preuve de mépris pour líenvironnement et la démocratie en allant de líavant avec ce projet díimportation», affirme Elizabeth May, directrice générale du Sierra Club du Canada. «Les citoyens níont pas eu un mot à dire sur cet enjeu majeur: voulons-nous ou pas que notre pays devienne la poubelle nucléaire des superpuissances.»
Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, rejette la justification du projet que donne le gouvernement, faisant valoir que le gouvernement du Canada níest pas contre le plutonium et tente même díen faire la commercialisation. «Rien ne serait plus dangereux pour la paix mondiale que de faire du plutonium une denrée commerciale», affirme-t-il. «Le gouvernement prétend vouloir procéder à des essais sur la combustion du plutonium», poursuit-il, «mais il síagit plutôt díessais sur la volonté de la population canadienne. On veut mesurer le niveau de docilité des citoyens face à líentêtement du gouvernement à importer ces 100 tonnes de plutonium militaire.»
«Ce serait un bien mauvais précédent que díaccepter des déchets militaires de pays qui continuent à développer leurs arsenaux nucléaires», affirme Marc Chénier, du Centre díanalyse des politiques énergétiques. «Les faire transiter par des CANDU ne résout pas le problème de désarmement, il líaggrave. Le transport à grande échelle de cette matière très toxique et extrêmement explosive, et donc convoitée par des indésirables, ne peut que mettre en danger la paix mondiale», poursuit-il.
«Procéder aux essais est une façon de maintenir les emplois à EACL aux frais et aux risques des contribuables», affirme Kristen Ostling, coordonnatrice de la Campagne contre líexpansion du nucléaire. «Le gouvernement se laisse manipuler par líindustrie nucléaire. Se fier à celle-ci pour juger de la sûreté du projet est comme demander aux industriels du tabac de se prononcer sur les dangers de la fumée secondaire. Si le Canada veut faire sa part, il pourrait fournir de líexpertise sur díautres solutions, comme líimmobilisation et la vitrification du plutonium.» Elle ajoute que les citoyens méritent que le gouvernement síinforme auprès de plusieurs sources par rapport à cet enjeu, et ce dans un processus ouvert et responsable.
-30-
Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec:
Campagne contre líexpansion du nucléaire, 613-789-3634
Greenpeace Canada, 416-597-8408
Regroupement pour la surveillance du nucléaire, 514-489-5118
Sierra Club du Canada, 613-241-4611
Centre díanalyse des politiques énergétiques, 514-527-2712
Sites web: www.ccnr.org et www.cnp.ca/ccen/
Campagne contre l'expansion du nucléaire
cnp@web.net