Les résidus miniers Il existe environ 200 millions de tonnes de résidus de mines d'uranium au Canada. Ces résidus radioactifs, qui ont la texture du sable, se trouvent pour la plupart en Ontario et en Saskatchewan. Ce type de déchet radioactif reste dangereux pour des centaines de milliers d'années. Ces résidus contiennent certains des plus puissants cancérigènes connus de l'Homme: le radium, le gaz radon, le polonium, le thorium et plusieurs autres. On trouve aussi des résidus miniers radioactifs là où on exploite des gisements de phosphates et d'autres minerais contenant une part d'uranium. En 1978, une commission royale ontarienne recommandait qu'un comité d'écologistes de renommée mondiale se penche sur la question des problèmes à long terme suscités par les résidus miniers radioactifs et que l'avenir de l'énergie nucléaire soit réévalué à la lumière des résultats de leur enquête. Le gouvernement n'a pas tenu compte de ces recommandations. Les déchets de Port Hope En 1975, on a dû procéder à l'évacuation de l'école St-Mary's de Port Hope, en Ontario, à cause des niveaux élevés de rayonnement mesurés dans la cafétéria. On s'est bientôt rendu compte que de grandes quantités de déchets radioactifs en provenance des installations d'affinage de l'uranium avaient été utilisées comme matériau de construction à l'école et ailleurs dans la ville. Des centaines de maisons ont été contaminées. On a bientôt découvert d'autres problèmes : trois dépotoirs comportant des fuites radioactives, une plage publique radioactive, des déchets radioactifs déversés dans le port, des matières radioactives déversées dans des ravins entourant la ville. Somme toute: 800 000 tonnes de déchets radioactifs recensés et marqués pour enlèvement et stockage ailleurs. Un comité de travail fédéral a passé trois ans à chercher un site pour ces déchets. En date de 1996, une seule communauté se portait candidate, soit Deep River, la communauté-dortoir des Laboratoires de Chalk River. Les déchets provenant de laboratoires nucléaires Le site de Chalk River comporte de nombreux problèmes de déchets: six réservoirs souterrains contenant des déchets liquides hautement radioactifs, une piscine pour combustible usé qui fuit depuis 30 ans, des fosses où l'on déverse des isotopes depuis des dizaines d'années, des composantes de réacteurs endommagés enfouies sur place et un «aire de dispersion» où des millions de litres de déchets radioactifs liquides ont été déversés dans des tranchées peu profondes à proximité de la rivière des Outaouais. Il en va de même pour le site de l'Établissement de recherches nucléaires de Whiteshell, au Manitoba; il est tellement contaminé qu'il sera très onéreux de le fermer. Le Vérificateur général du Canada a déclaré qu'Énergie atomique du Canada limitée (responsable des deux laboratoires) n'a pas correctement comptabilisé les coûts de remise en état de ces sites. Les déchets de déclassement Les matériaux de structure dans le coeur d'un réacteur en marche deviennent radioactifs à cause du bombardement par neutrons. Il en coûte presque aussi cher de démanteler une telle structure radioactive qu'il en coûte pour la construire. On doit attendre au moins 40 ans avant de s'y mettre et on devra utiliser la technique de taille sous l'eau afin de minimiser l'exposition des travailleurs au rayonnement. Le démantèlement d'un seul réacteur produira des centaines de pleins camions de décombres radioactifs. Autres déchets de réacteurs On stocke en ce moment de façon temporaire des vadrouilles, chiffons, vêtements et outils radioactifs, de même que des équipements contaminés tels que filtres et tubes de force, dans des contenants enfouis dans des tranchées peu profondes sur le site du Complexe électronucléaire de Bruce, à Gentilly et ailleurs. À Bruce, un incinérateur de déchets nucléaires sert à réduire d'abord le volume des matériaux radioactifs combustibles.
Photo copyright Robert Del Tredici
|